10 - 01 - 2025
Maxime Carabin : Une rage de vivre et de vaincre à toutes épreuves
Difficile de passer à côté de l’info début septembre : Maxime Carabin, Soumagnard, de bientôt 24 ans, fut double médaillé paralympique à Paris sur 100 et 400 mètres dans la catégorie T52. Une récompense qui vient ponctuer 4 ans d’efforts et d’obstacles innombrables.

Il y a bientôt 5 ans, Maxime, alors handballeur du côté de Visé, était victime d’un accident sportif en plein match. Une chose est certaine, sa vie ne sera plus la même à partir de cet instant, pour lui comme pour sa famille. Mais Max n’est pas du genre à se morfondre, et ses proches ne sont pas non plus du genre à laisser tomber. L’homme se prend alors de passion pour le para-athlétisme, celui en chaise. Certes, les débuts, que ça soit pour se faire à son handicap ou intégrer le handisport, ont été semés d’embûches.
« La première difficulté, c’était ma classification, à savoir dans quelle catégorie j’allais pouvoir rouler. La classification se fait sur base de ton dossier médical et de ton état physique. Des médecins nous voient et posent un jugement sur l’état du handicap. J’ai du d’ailleurs aller à Dubaï pour ma classification à l’international. Au départ, on ne savait pas dans quelle catégorie on allait me mettre. »
Max est alors finalement classé en T52. « Cela correspond à un sportif qui a des lésions cervicales basses, une atteinte sévère du tronc et des jambes mais une atteinte modérée des bras. »
L’autre obstacle, c’est trouver du matériel, à savoir la chaise et les roues. Un objet finalement très spécifique et plutôt rare. Le sponsoring est également essentiel à ce stade car la Fédération aide Max dans tout sauf dans le financement des chaises dont il a besoin.
« Pour trouver un tel matériel, tu dois d’abord avoir de bons contacts. Le matériel que j’ai eu au début n’était pas fou. Puis, le prix est aussi un vrai obstacle. Ma toute première chaise, c’était presque 1.200 euros, la seconde presque 4.000 euros et là, celle de maintenant est à 15.000 euros … sans les roues, et on en a quatre ! Des chaises de grandes marques ainsi, on n’en trouve qu’à l’étranger, au Japon, aux Etats-Unis ou en Angleterre. Ca coûte cher car c’est du sur mesure, il faut aussi des pneus performants et résistants aux conditions météo. À mon niveau, une victoire se joue sur des détails que ça soit le réglage de ma position sur la chaise. L’angle d’inclinaison est un peu vers le haut. Comme je n’ai pas d’abdos, je dois utiliser cette position pour ne pas basculer vers l’avant. Mes genoux sont aussi un peu relevés. On doit aussi calculer le moindre centimètre, là où il faut de l’espace entre tel morceau de la chaise et là où il n’en faut pas. »
« Parfois, on doit reprendre une nouvelle chaise en fonction du changement de poids de Max », commente son papa, Frédéric, qui l’accompagne dans tous ses défis. « C’est une mécanique de précision. Mais si on a su aujourd’hui trouver les réglages nécessaires et si Maxime est là où il en est aujourd’hui, c’est aussi grâce à son coach Claude Issorat. »
Si la jalousie peut se manifester dans tous les domaines, elle l’est aussi particulièrement dans le domaine du handisport, ce qui peut paraître étonnant. En effet, on aurait tendance à imaginer que les sportifs sont plus solidaires du fait d’avoir vécu une tragédie. Eh non, les actes de sabotage, parfois même entre équipiers ou sportifs d’une même nation arrivent. « La première fois que tu vis ça, c’est très compliqué, puis avec le temps tu sais que ça va revenir et tu t’y fais, tu prévois d’autres chaises. Mais j’avoue que je n’ai pas vécu ça dans le handball en étant valide. »
Aujourd’hui, Maxime a su faire abstraction du drame qui lui est arrivé ainsi que de la jalousie autour de lui. Au fil des années, l’homme est monté en puissance jusqu’à arriver, ces derniers mois, à un niveau de folie. « Je débute la saison avec trois records du monde sur 100, 200 et 400 mètres. À Kobe au Japon, je fais trois records mondiaux et trois fois l’or. J’ai rebattu le record monde sur 100 m en 16’13’’, puis sur 200 et sur 400. Oui, j’ai encore des objectifs, à savoir perdurer et améliorer mes records. »
« Son accident et son handicap ont été de grosses épreuves pour lui comme pour moi, il fallait accepter que ça change. Mais là, son double sacre aux Jeux Paralympiques, c’est l'accomplissement. Ça a réglé tous nos problèmes », confiait sa soeur Marie, handballeuse à Saint-Trond, au micro de Qu4tre, alors que sa maman Nathalie estimait que ce graal atteint avait permis à Maxime de « récupérer une trajectoire de vie où il est heureux et épanoui. »
Maxime est évidemment suivi par un kiné ou encore un sophrologue (Simon Calandre) pour atteindre le niveau qu’il a. Mais s’il a un conseil pour ceux qui se retrouveraient à la même place que lui, c’est « de ne pas avoir peur de mal faire » et « qu’il faut aussi s’entourer des bonnes personnes, et pas se diriger vers la première personne qui dit pouvoir nous donner de l’aide. »
Si aujourd’hui la médiatisation du handisport s’améliore, elle n’est pas encore top. « Oui, une plateforme comme la vôtre apporterait encore plus de visibilité au sein du monde valide et montrerait qu’on a notre place avec eux. »
Joachim GILLES

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